Qu’arrive-t-il à mon enfant ?

Peut-être avez-vous échafaudé de multiples hypothèses sur l’origine de ce qui arrive à votre enfant ou bien vous avez lu des articles et ouvrages sur la dyslexie ainsi que d’autres difficultés d’apprentissage. Peut-être même avez-vous pensé que telle alimentation, dispute ou événement aurait pu être à l’origine de ses difficultés….

Nous voulons tellement que nos enfants soient heureux ! Qu’ils soient sages, bons et pleins de vie …
Et parfois nous rêvons qu’ils soient célèbres, qu’ils aient fait quelque chose de beau, utile, une grande découverte … Mais comment faire ? Comment l’aider à se sentir bien avec lui-même, à s’ouvrir au monde qui l’entoure, à découvrir ses envies et ses talents, à apprendre avec plaisir?

Pour commencer, ayez confiance absolue en lui et en ses capacités, car le développement de l’être humain n’est pas exclusivement conditionné, comme peuvent le laisser croire certaines théories, par des gènes, des anomalies du cerveau, ou des dommages périnataux. Cette interprétation des théories nous fait peur, nous enferme, et nous bloque. Cela peut nous mettre en désarroi ou en colère. Ces théories tentent en effet d’expliquer l’origine des problèmes, mais il ne faut pas oublier que l’être humain est beaucoup plus qu’une origine ; il a en lui toute une personnalité, ses talents, ses possibilités de développement et de dépassement de ses limites.

Alors, ne baissez pas les bras, la solution existe, vous la trouverez et la mettrez en œuvre. Il en va de votre enfant et de vous-mêmes.

 

37 signes révélateurs de la dyslexie

Différences selon les personnes
La plupart des personnes manifestent une dizaine des signes et des comportements cités ci-contre. N’importe quelle combinaison et l’ampleur des symptômes et comportements repris dans ces catégories dépend de l’individu, peut exister chez la même personne et varier d’un jour à l’autre et même d’une minute à l’autre.

Caractéristiques générales

• Apparemment brillant, intelligence supérieure à la moyenne, s’exprimant bien à l’oral, mais incapable de lire, d’écrire ou d’orthographier au niveau de sa classe.
• Étiqueté paresseux, sot, peu soigneux, immature, « manque de travail » ou « problème de comportement ».
• N’est pas suffisamment en difficulté pour justifier d’une prise en charge.
• Bon QI mais échoue aux évaluations en classe. Réussit mieux à l’oral qu’à l’écrit.
• Se croit bête. A peu d’estime de soi. Dissimule ses faiblesses grâce à des stratégies de compensation ingénieuses. Niveau de frustration et de stress élevé face à la lecture et aux contrôles.
• Doué pour les arts, le théâtre, la musique, les sports, la mécanique, l’art du conte, le business, les affaires, le design, la construction ou les métiers d’ingénieur.
• Se disperse et rêve souvent. Se perd facilement et n’a pas la notion du temps qui passe.
• A du mal à soutenir son attention. Peut paraître hyperactif ou absent.
• Apprend plus facilement à travers la manipulation, les démonstrations, l’expérimentation, l’observation et les supports visuels.

Vision, lecture et orthographe

• Se plaint de vertige, de mal de tête ou de mal de ventre lorsqu’il lit.
• Désorienté par les lettres, les chiffres, les mots, les séquences ou les explications orales.
• Lorsqu’il lit ou écrit, fait des répétitions, des substitutions, des omissions, des additions, des transpositions et des inversions de lettres, de chiffres et/ou de mots.
• Se plaint de ressentir ou de voir des mouvements non existants lorsqu’il lit ou écrit.
• Donne l’impression d’avoir des problèmes de vision non confirmés par un bilan ophtalmologique.
• Excellente vue et très observateur ou alors manque de vision binoculaire et de vision périphérique.
• Lit et relit en ayant du mal à comprendre.
• Orthographe phonétique et incohérente.

Audition et langage

• Hypersensibilité auditive. Entend des choses qui n’ont pas été dites ou non perçues par les autres. Facilement distrait par les bruits.
• Difficulté à formuler ses pensées. S’exprime avec des phrases télescopiques. Ne termine pas ses phrases. Bégaie lorsqu’il est sous pression. A du mal à prononcer les mots complexes, mélange les phrases, les mots et les syllabes lorsqu’il parle.

Graphisme et motricité

• A du mal à écrire ou à copier. Tenue du crayon inhabituelle. Écriture irrégulière ou illisible.
• Maladroit, mal coordonné, peu habile aux jeux de ballon ou aux sports d’équipe. Difficultés dans les tâches de motricité fine ou grosse. Sujet au mal des transports.
• Peut être ambidextre et confond souvent la droite et la gauche, au dessus et au dessous.

Maths et gestion du temps

• A du mal à lire l’heure, à gérer son temps, à intégrer l’information ou les tâches séquentielles, à être à l’heure.
• Pour compter, a encore besoin de ses doigts ou d’autres « accessoires ». Connaît la réponse mais ne sait pas la présenter par écrit.
• Sait compter mais a du mal à compter les objets et à compter l’argent.
• Est bon en arithmétique mais en difficulté avec les problèmes. Bloque au niveau de l’algèbre et des niveaux mathématiques supérieurs.

Mémoire et cognition

• Excellente mémoire à long terme pour les expériences personnelles, les lieux et les visages.
• Mémoire faible pour les séquences, les faits et les informations qui n’ont pas été expérimentées personnellement.
• Pense essentiellement en images et en ressenti et non en sons et en mots (peu de dialogue interne).

Comportement, santé, développement et personnalité

• Extrêmement désordonné ou alors maniaque de l’ordre.
• Peut-être le bouffon de la classe, le fauteur de trouble ou alors trop discret.
• A été précoce ou, au contraire, en retard dans les étapes de son développement (marcher à quatre pattes, marcher, parler, faire ses lacets…).
• Sujet aux otites, aux allergies.
• Peut être un gros dormeur ou, au contraire, avoir le sommeil léger. Énurésie.
• Seuil de tolérance à la douleur particulièrement élevé ou faible.
• Un sens élevé de la justice. Très sensible. Perfectionniste.
• Les erreurs et les symptômes augmentent de façon significative sous la pression de l’incertitude, du temps, du stress ou de la fatigue.

©1992 par Ronald D. Davis. ©Tous droits réservés

www.dyslexia.com/test-for-dyslexia-37-signs/

www.dyslexie-tda-dyscalculie.eu

Dyslexiques célèbres

Écrivains

Agatha Christie

Edgar Allan Poe

Ernest Miller Hemingway

Jules Verne

Compositeurs

Ludwig van Beethoven

Mozart

Artistes

Pablo Picasso

Vincent  van Gogh

Scientifiques et inventeurs

Léonard de Vinci

Albert Einstein

Alexandre Graham Bell

Galilée

Thomas Edison

Acteurs

Jack Nicholson

Meryl Streep

Robin Williams

Tom Cruise

Hommes politiques

Benjamin Franklin

John F. Kennedy, Sr

Winston Churchill

Businessmen

Bill Gates

William R. Hewlett

Qu’est-ce que la dyslexie ?

Et si vous imaginiez un instant que la dyslexie de votre enfant ou peut-être la vôtre, ou de tous deux, soient une chance? Cela vous est difficile à croire, n’est-ce pas? Mais peut être le soupçonnez-vous déjà, car en fin de compte vous observez votre enfant et vous voyez peut-être sa capacité particulière de pensée spatiale, de planification, de créativité et son côté ingénieux….

Vous est-il venu à l’esprit que cela pourrait être deux faces de la même médaille engendrant à la fois une certaine créativité et des problèmes à l’école?


«Des problèmes avec la lecture, l’écriture ou les calculs ne signifient en rien que quelqu’un est stupide. Ces problèmes sont causés par les mêmes fonctions mentales qui forment le génie. »  

(extrait de l’ouvrage « Don de dyslexie » 2001, p.24  par Ronald Davis, spécialiste et autorité mondiale dans le domaine de la dyslexie). 

La dyslexie est donc une capacité naturelle, un talent qui donne une couleur spécifique à l’individualité de votre enfant. Les aptitudes concernées sont plus particulièrement:

  • la capacité de créer et de transformer les perceptions
  • la pensée essentiellement en image
  • une expérience réaliste des pensées
  • la perception et la pensée multidimensionnelles (utilisant tous les sens)
  • une très grande conscience de l’environnement
  • une curiosité plus grande que la moyenne
  • une très bonne intuition et perspicacité
  • une imagination très vive. (R. Davis, « Don de dyslexie » 2001, p.26)

Ces huit capacités constituent la base d’«une intelligence supérieure à la moyenne et les capacités d’une créative extraordinaire. C’est à partir de celles-ci que le véritable don de dyslexie peut faire surface : le don de la maitrise » (Ronald Davis, Don de dyslexie 2001, p.23), comme celle d’Einstein, Bell ou Léonard de Vinci. Toutefois, même si le cerveau d’un dyslexique fonctionne de la même manière que les cerveaux de certains génies, le fait que votre enfant soit dyslexique, ne garantit pas mécaniquement qu’il devienne un génie ! Mais, puisque le cerveau d’un dyslexique fonctionne de la même façon que le cerveau d’un génie, il y a aussi une chance qu’il le devienne, n’est-ce pas ? !

C’est sûr, cela peut vous prendre un certain temps de s’habituer à penser également aux bons côtés de la dyslexie. Mais je suis sûre que votre enfant ou  vous-même, à votre insu, vous en tirez déjà parti dans la vie quotidienne ou au travail, ne vous imaginant même pas que la même source peut avoir des effets si divers.

L’essentiel est de garder en mémoire que la dyslexie est la capacité d’une perception particulière, capacité qui, dans certaines situations, devient une faiblesse. Cette capacité spécifique est intégrée au processus de pensée et paraît aussi naturelle que la respiration.

Alors, ce n’est finalement rien de terrifiant, n’est-ce pas ? Mais peut-être, me diriez-vous – que les situations dans lesquelles ce don est une faiblesse, sont justement l’apprentissage, les lettres et les chiffres! Là, c’est effectivement un problème et sans doute la raison pour laquelle vous me lisez encore.

Davis a-t- il vraiment existé ?

Non seulement il a existé, mais il existe toujours! Bien que Ron soit un homme de plus de 70 ans il continue à développer sa méthode et gère l’Association Davis Dyslexia International. Il est connu dans le monde entier. Pourquoi sa méthode a –t-elle autant de succès ? Sans doute parce qu’elle a été méthodiquement inventée par quelqu’un qui connaissait bien ce problème depuis son plus tendre âge.

Mais comment tout cela a commencé ?

Imaginez un petit garçon avec un gros problème. Il est un peu différent de tous les autres enfants, parce qu’il ne peut pas apprendre à lire … mis dans le coin, ridiculisé par les pairs, traité comme un retardé mental. Bien qu’il sache résoudre tous les problèmes mathématiques  presque instantanément, il ne sait ni comment les écrire ni expliquer comment il est arrivé au résultat … sa différence, son repli sur lui-même dérangent, car ce ne sont pas des comportements standards, les adultes ne savent pas comment s’y prendre….

Son père, ne peut comprendre comment son fils pourrait être un si grand « imbécile ». C’est pourquoi, alors que ses frères obtiennent de leur père en récompense leurs premières montres, lui, parce que différent, ne reçoit rien de ce dernier. La bonne fée de sa vie est sa mère. C’est elle qui se confronte aux  enseignants pour dire que quelqu’un avec un QI 136 ne peut pas être tout simplement si bête! Tout le monde lui dit que son fils ne saura jamais ni lire ni écrire. La mère explique, le  défend, mais vous pouvez imaginer comment tout le monde se sent et ce qui se passe à la maison !

Après l’école, Ron s’échappe dans le jardin. Là-bas, dans un de ses coins, il trouve de l’argile. Dans le jardin, il passe des heures à modeler. Il modèle tout avec de l’argile. Et pour avoir, comme ses frères,  sa première montre, il en fabrique une à partir d’argile et d’une ficelle. Lorsque celle-ci se casse il en fabrique une nouvelle. A partir de l’argile il fabrique aussi des lettres. Et il note ainsi  que s’il modèle une lettre, après, à l’école, sur la bande d’alphabet suspendu au-dessus du tableau, la lettre cesse de bouger, de se déplacer et de courir. De cette façon, il apprend tout l’alphabet, ou plutôt toutes les lettres, car il n’arrive toujours pas à  les réciter dans l’ordre. La lecture, cependant, demeure pour lui toujours un problème. Avec les mathématiques il assure. Une camarade de classe lui explique patiemment comment noter les étapes des opérations, pour que personne ne l’accuse de tricherie.

Grâce aux différents cours techniques, il reçoit son diplôme d’ingénieur, il peint également, sculpte, et fonde une famille.  Mais un jour, il remarque que la lettre qu’il avait écrite pendant une pause de travail de création, n’est que des gribouillis inintelligibles. Cela l’intrigue beaucoup. Pourquoi cela arrive-t-il à certains moments et pas à d’autres? Il s’enferme dans une chambre d’hôtel pendant 3 jours (oui, quand on a  une famille il est parfois difficile de trouver un moment de paix dans sa propre maison, vous le savez probablement) et commence à expérimenter avec son corps. Il déplace ce qu’il appellera plus tard « l’œil de l’imagination », dans différents endroits de sa tête, plusieurs fois perd son équilibre, tombe, vomit … Mais eurêka! À un certain moment, il voit et est capable de lire le texte du règlement de l’hôtel, vous savez, cette carte accrochée à la porte, qui informe des horaires de la journée d’hôtel, du petit-déjeuner, etc. Les lettres cessent de courir et le texte n’est plus une masse compacte de lettres, fouillis incompréhensible noir! Ron, qui a alors 38 ans, court à la bibliothèque ouverte jusque tard, et emprunte « L’ile aux trésors » qu’il lit du début à la fin pendant toute la nuit. Le matin, il pose le livre lu sur une table de nuit. Pour la première fois, il se sent comme une personne normale. Bien avec lui-même. Il sait ce qu’il faut faire pour être en mesure de lire couramment. Il est pour l’instant le seul à utiliser sa propre invention. Mais bientôt, il se rend compte que d’autres aussi ont ce même problème, et il est sollicité par des demandes d’aide de plus en plus fréquentes  … La méthode Davis est née.

 

Comment pense un dyslexique? Les lunettes 3D

Vous êtes-vous jamais demandé comment votre enfant pense quand il pense? Si vous avez déjà  vu un film au cinéma en 3D, vous savez alors à peu près comment votre enfant pense. Pour penser il met des sortes de lunettes 3D,  et peut-être à vrai dire ne les enlève-t-il jamais ! Il y a mieux encore, non seulement  voit-il ses pensées en 3D, mais aussi il sent les odeurs, le touché, entend les sons dans ses pensées, ce qui est techniquement appelé « la pensée non verbale multi sensorielle ». Voilà pourquoi il pose de multiples questions : il lui faut tout savoir pour être en mesure de tout s’imaginer. Cela peut parfois exaspérer, particulièrement lorsque, revenu fatigué du travail et rêvant d’un moment de paix et de tranquillité,  votre curieux bambin vous bombarde de questions ; non une seule, mais de multiples dont vous ne connaissez pas forcément les réponses. Attendez qu’il grandisse, il sera en mesure de trouver tout seul les informations qui l’intéressent, mais pour l’instant il faut prendre votre mal en patience, car tant qu’il  ne satisfera pas à sa curiosité, il ne sera pas rasséréné. Et c’est pourquoi il vaut mieux être patient et lui expliquer le monde, chercher des réponses avec lui. Il doit tout simplement assembler son propre puzzle, il ne peut pas y laisser le désordre. Et au final c’est bien, n’est-ce pas ? Le don de maîtrise, c’est son charme naturel. Et si, d’aventure, vous aussi êtes comme lui,  vous pourrez ensemble apprendre des choses auxquelles vous n’auriez normalement peut-être plus fait attention.

« Quand un homme maîtrise une nouvelle compétence, elle devient partie intégrante de lui-même. Elle s’enracine dans ses pensées et influence ses réalisations créatives. Elle enrichit de  sa valeur son esprit et sa créativité. » (Ronald Davis, Don de dyslexie, p.259).

Mais, si votre enfant est capable d’organiser parfaitement dans son esprit tout ce qu’il voit et de bien comprendre la réalité en utilisant la pensée en 3D vous devinez peut-être que c’est précisément pour cela qu’il a des problèmes avec la lecture, éventuellement l’écriture, l’orthographe, etc.

Pourquoi la lecture est-elle difficile pour lui?

Une personne qui ne pense pas verbalement n’a pas de monologue interne ; quand elle lit elle n’entend pas ce qu’elle lit, si elle ne le lit pas à haute voix. (il y a, d’ailleurs, des adultes dont les lèvres bougent lors de la lecture silencieuse).

Au fur et à mesure de la lecture, la personne qui ne pense pas verbalement,  se construit une image mentale en ajoutant l’image signifiante à chaque mot rencontré. Concrètement, les mots qui désignent des objets existants dans la réalité ne lui posent pas de problème, comme « éléphant », « arbre », «voler», « sommeil », elle les connait de son expérience personnelle. Mais elle ne peut pas penser avec des mots dont elle ne peut pas visualiser le sens. Si la personne qui pense en image rencontre un tel mot, le développement progressif  de l’illustration de la phrase en train d’être lue est stoppé, ce qui déclenche le symptôme dyslexique.

Chaque fois que la personne rencontre un mot dont le sens ne correspond pas à l’image qui se forme dans son esprit, elle éprouve un sentiment de confusion. L’image commence à être incohérente. Plus elle lit, plus elle se sent perdue. Elle atteint in fine son seuil de confusion et entre dans un état de désorientation, où la perception des symboles (lettres) change et se déforme : la lecture et l’écriture deviennent impossibles. Inversement, sa potentielle capacité à visualiser des mots abstraits comme «bonheur »,  «avec », « ensuite », ouvre une richesse d’interprétation très largement supérieure à la simple pensée verbale, et peut, bien exploitée,  conduire à une lecture plus performante et rapide que la lecture classique.

 

Qu’est-ce que la désorientation?

Regardez le dessin ci-contre.

Que voyez-vous?

Alors vous savez ce que la désorientation!

La désorientation  est un état d’esprit dans lequel notre perception ne correspond pas aux faits
et à la situation extérieure. Elle perturbe le processus de réflexion d’un aspect supplémentaire.  La réflexion cesse de se dérouler dans le seul domaine du figuratif pour passer dans le domaine du sensitif : le cerveau cesse de voir ce que les yeux voient, d’entendre ce que les oreilles entendent, le corps cesse de ressentir ce que les sens communiquent, et commence à sentir, voir, entendre ce qui se passe dans l’esprit. La désorientation change la perception, la personne commence à ressentir ses pensées comme si elles étaient la réalité.

Ce mécanisme qui altère la perception est utilisé pour reconnaître les objets extérieurs et les événements dans l’environnement direct. C’est une réponse automatique à l’état de confusion.

La confusion n’arrive pas qu’aux dyslexiques. Cet état d’esprit naturel se produit dans les situations où notre cerveau est surchargé de pensées ou de stimuli. Il apparaît également lorsque le cerveau reçoit des informations contradictoires des différents sens et essaie de faire correspondre les uns aux autres. Un exemple basique est l’étourdissement qu’on éprouve  après avoir tourné vivement 10 fois sur soi-même. D’autres sont : le mal de transport, la sensation de chute dans un ascenseur en marche ou au bord d’un précipice…

«En état de désorientation, le cerveau perçoit un mouvement qui en fait n’existe pas ou sent un mouvement, alors qu’il n’y en a pas. Le cerveau altère la perception du réel, et nous, nous le sentons comme si cela était réel. En état de désorientation tous les sens peuvent recevoir des impressions déformées. »  (Ronald Davis, Don de dyslexie, 2001, p.37).

Il arrive donc à votre enfant d’assimiler des informations fausses, à cause de perceptions altérées par la désorientation et c’est à partir de ce moment-là qu’il commence à faire des erreurs. Avez-vous peut-être remarqué que, parfois, quand il a appris quelque chose d’incorrect,  ou qu’il  apprend dans des conditions de désorientation, il vous dira que c’est vous ou son professeur qui lui a inculqué ces éléments erronés, à moins que ce ne soit son manuel qui contiendrait ces informations incorrectes ! J’ajoute que la désorientation provoquée par des symboles est beaucoup plus désagréable que celle engendrée par votre enfant quand il  crée ou rêve de quelque chose. Alors ne soyez pas surpris de voir que dans votre maison il y a parfois des cris et des pleurs, car personne n’aime les vertiges ou la nausée.

Les dyslexiques éprouvent un sentiment de désorientation plus souvent que les autres, et en plus, ils l’induisent sans le savoir. En effet, cela leur donne une perception multidimensionnelle, des images multipliées du monde,  grâce auxquelles ils perçoivent les choses sous des angles différents et peuvent donc en puiser plus d’informations que d’autres personnes. Leur monde devient plus riche et cela leur permet aussi de comprendre, plus facilement que d’autres, certaines choses complexes. En introduisant la désorientation à leur processus de pensée,  les dyslexiques évitent la confusion lors de la reconnaissance d’objets tridimensionnels, de sons et de stimuli tactiles qui autrement ne seraient pas reconnus.

« Ils profitent également de la perception modifiée qui accompagne la désorientation pour ouvrir l’imagination créatrice: utilisée pour résoudre un problème par la pensée non verbale, elle est appelée l’intuition, l’invention ou l’inspiration; utilisée pour le plaisir, elle est connue comme la fantaisie ou le rêve. « (Ronald Davis, Don de dyslexie, 2001, p.28)

Mais revenons à ces lunettes de pensée 3D … ne faudrait-il pas, tout simplement, les enlever du «nez» de votre enfant pour lui faciliter l’apprentissage? Peut-être faudrait-il lui interdire d’une manière ou d’une autre la désorientation ? Après tout, vous voulez qu’il soit comme les autres enfants, qu’il n’ait aucune difficulté à l’école, et vous avoir la tranquillité. Oui, mais qu’en deviendrait-il de cette richesse de pensée, de cette créativité, de cette ingéniosité qui bouscule?

Il serait peut-être dommage de le priver  de toute son imagination. Et franchement, on peut  lui apprendre à prévenir et à contrôler la désorientation, mais on ne peut pas la lui interdire. C’est un automatisme, votre enfant pense tout simplement comme ça, depuis son plus jeune âge.

 

 

Les symptômes de désorientation

Les symptômes de la désorientation

Tous les symptômes de la désorientation sont des symptômes de la dyslexie. C’est la désorientation qui fait que les difficultés d’apprentissage ont des milliers de variétés différentes, varient en force et en profondeur ou de manière individuelle, par exemple en fonction du degré de fatigue, de l’humeur, du stress …

Les symptômes de la désorientation les plus fréquents:

La vision

Les formes et les séquences de lettres ou de chiffres paraissent changées ou inversées.

Les mots sont épelés de manière erronée ou incohérente.

Des mots ou des lignes sont omis au cours de la lecture ou de l’écriture.

Les lettres ou les chiffres donnent l’impression de bouger, de disparaître, de grossir ou de rétrécir.

La ponctuation ou les majuscules sont omises, ignorées ou ne sont pas vues.

Des mots ou des lettres sont omis, transformés, ou substitués au cours de la lecture ou de l’écriture.

L’ouïe

Certains sons du discours sont difficiles à émettre.

Des sons «erronés » sont entendus.

La personne donne l’impression de ne pas écouter ou de ne pas entendre ce qui est dit.

Les sons sont perçus comme s’ils étaient plus doux, plus forts ou provenant de plus loin ou de plus près qu’ils ne le sont en réalité.

L’équilibre/Le mouvement

Vertiges ou nausées pendant la lecture.

Mauvais sens de l’orientation.

Incapacité à rester assis tranquillement.

Graphisme maladroit.

Problème d’équilibre et de coordination.

Le temps

Hyperactivité.

Hypo-activité.

Peine dans l’apprentissage des concepts mathématiques.

Difficulté à être ponctuel ou savoir lire l’heure.

Rêvasse trop.

Perd aisément le cours de sa pensée.

Difficultés à ordonner les choses en termes de séquence (les mettre dans le bon ordre).

 

Pourquoi la correction de la dyslexie et non pas une thérapie?

Tout d’abord, votre enfant n’est pas malade, abimé du cerveau ou moins intelligent que les autres. Ce qui le caractérise c’est une manière spécifique de penser : la pensée en image c’est-à-dire nos lunettes 3D. Ce n’est strictement pas un défaut: chacun d’entre nous, tout bébé, commence sa vie avec une pensée en image. Au fur et à mesure que l’enfant grandit, sa manière de penser évolue et il commence à utiliser de plus en plus de mots pour penser, c’est-à-dire entendre des sons dans sa tête au lieu de voir des images. Cette transformation se produit différemment en chacun de nous quand nous grandissons. Parfois, nous pensons en sons, parfois en images, mais le plus souvent une façon de penser prévaut.

Comme vous pouvez le voir, cette façon particulière de penser n’est en rien une pathologie. Cela peut être troublant initialement, mais puisque vous lisez ces pages et vous connaissez déjà l’histoire de Davis, vous savez qu’il y a un moyen de tirer parti de cette situation.

Par ailleurs,  votre enfant n’a pas à se débarrasser de sa créativité et de son ingéniosité, au contraire, il apprendra à les utiliser pour  traduire en images 3D tout ce qu’il veut et apprendre efficacement, quand il veut et où il veut, de façon complètement autonome. Cela est possible, je le sais car dans le monde entier, des centaines de personnes dont je fais partie,  travaillent avec la méthode Davis et aident les personnes dyslexiques. C’est justement parce qu’elle a été inventée par quelqu’un qui a eu les mêmes genres de problèmes que votre enfant, que la méthode est efficace.

Enfin,  cette méthode est une correction ou un ajustement d’un mécanisme de pensée ; il faut trouver des endroits où le « puzzle » n’est pas ordonné. Tant que le puzzle sera inachevé,  votre enfant y retournera, en essayant de le mettre en ordre une fois pour toutes.

Alors est-ce que la dyslexie est un gigantesque puzzle impossible à résoudre ? C’est plutôt une sorte de désordre dans la chambre de votre enfant: des boîtes de jeux ouvertes, des cubes, des jouets dispersés…  C’est ainsi dans sa tête quand il commence à penser en mots, en chiffres. Il ouvre différentes boîtes, à la recherche d’aide, mais au lieu de mieux comprendre, le chaos devient encore plus grand car la méthode n’est pas adaptée à son mode de pensée.  Il n’est pas étonnant que cela puisse provoquer frustration, pleures et colères.

A l’image du nettoyage d’une chambre où on a besoin de temps pour tout dispatcher dans les boites correspondantes et trouver le bon emplacement pour chaque boîte dans la chambre, il faut donner le temps nécessaire à l’enfant pour ordonner sa pensée. Pour le moment, en regardant les résultats scolaires de votre enfant, vous voyez peut-être seulement un tas de puzzles mélangés, de jouets, de cubes en désordre, et vous ne savez pas comment vous y prendre,  comment l’aider, vous essayez tout ce que vous pouvez, et peut-être même, complètement par inadvertance, le désordre devient encore plus grand.

Mais si vous êtes sur cette page, vous savez déjà que quelqu’un a inventé une méthode qui montrera à votre enfant comment commencer à rassembler ces puzzles. Et vous apprendrez comment l’aider.